« La longue période du Covid a été riche en production. Pas moins de 10 pièces dont certaines sont déjà publiées ici. L'inspiration allant là où elle voulait, certaines pièces reflètent l'ambiance du moment, parfois rêveuse, parfois sombre, parfois interrogative. Ce n'est pas le cas de cette "Valse d'Aprilis", composée comme son nom le suggère, en avril. En dehors de tout contexte oppressant, la valse nous invite à l'évasion, à la douceur, à l'insouciance. L'accélération naturelle, donnée par la diminution des valeurs de notes, et les changements de tons nous donnent envie de profiter du calme relatif de cette période ». Pascal Rault
« Dès les premières mesures, l'élément liquide du piano s'associe à l'éclairage lunaire des deux flûtes, immédiatement interrompu par l'amorce d'un rythme issu des profondeurs et encore lointain. L'alternance de ces deux éléments crée un balancement, une suspension, un tangage, qui peu à peu se transforme en un troisième élément. Celui-ci paraît s'assembler progressivement, prendre forme et se révéler être la réminiscence d'un tango qui, dans son "obsédance" rythmique et son lyrisme croissants, semble vouloir atteindre la lumière.
Une fracture nous replonge dans la pénombre d'un ostinato qui pulse à nouveau des éléments rythmiques disparates, se rassemblant pour reformer une nouvelle tentative d'accès vers la clarté. Tous les instruments sont sollicités pour entretenir cette tension qui sous-tend la pièce d'un bout à l'autre et qui finit alors par s'interrompre brusquement. Une suspension s'établit alors, ponctuation calme et flottante, constituée des débris épars d'un tango qui s'éclipse dans l'ombre... ». Bernard Magny